« Réinventer » la Tunisie par l’innovation

 

Pr. Mohamed Rached Boussema
Ecole nationale d’ingénieurs de Tunis

 

« Réinventer » la Tunisie, c’est faire passer notre pays de la société d’aujourd’hui, plutôt basée sur une économie de la sous-traitance, à une société d'innovation basée sur le savoir. C’est aller au delà de l’investissement sur la connaissance à travers l’enseignement supérieur et la recherche scientifique vers l’utilisation rapide et efficace de cette connaissance au bénéfice de la société. Il en résulterait l’émergence d’une mentalité innovatrice qui peut déclencher des changements plus importants et systémiques tant au niveau de la société qu’au niveau de l'économie. Ceci exige une transformation systématique d’une approche fermée, fragmentée et individualiste à une approche en réseau souple et ouverte.

En quelques années, la globalisation de l’économie a modifié l’ordre économique mondial. Elle a apporté à la fois de nouveaux défis et de nouvelles opportunités pour tous les pays. La Tunisie ne peut pas être compétitive dans ce nouvel environnement à moins de devenir plus innovante et de réagir plus efficacement aux besoins de son développement et sa croissance.

Dans le programme présidentiel « Ensemble, relevons les défis »(1) pour le quinquennat 2009-2014, une véritable politique d’innovation en Tunisie vient de voir le jour pour relever ces défis et saisir ces opportunités. La mise en œuvre de cette politique a besoin de tous les tunisiens et tunisiennes et fera participer beaucoup d'acteurs.

I- L’innovation

Moteur de croissance, de compétitivité et de valeur ajoutée, l'innovation est citée par tous les spécialistes comme un élément profitable aux nations et indispensable à la réussite des entreprises.

 Les pays dotés d'industries innovantes offrent des revenus, une qualité et un niveau de vie élevés, ou plus élevés que ceux qui en ont moins. Pour rester compétitives, les entreprises doivent se différencier grâce à l'innovation et proposer de nouveaux produits et services, de nouvelles manières de travailler, de nouvelles façons de se positionner sur le marché.

L’innovation est l’élément vital de la société du savoir. Cependant, compte tenu de l’accroissement de la concurrence mondiale et des performances innovantes de certains pays, chaque pays se sent obliger de passer à la vitesse supérieure en ce qui concerne les enjeux de l’innovation. «L’innovation me passionne»(2), a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors du premier sommet de l’innovation tenu en octobre 2009. «C’est le seul moyen dont nous disposons pour relever les défis sociétaux majeurs qui nous sont posés […] Avant tout, elle nous permettra de créer un modèle de croissance fort et durable»(2). L’Institut européen pour l'innovation et la technologie a annoncé le 16 décembre 2009 la création de ses trois premières Communautés de la connaissance et de l’innovation(3). Ces communautés rassemblent des établissements d’enseignement supérieur, des instituts de recherche et des entreprises d’excellence de plusieurs pays européens dans trois domaines : l’atténuation du changement climatique et l’adaptation à ce phénomène («Climate KIC»), l’énergie durable («KIC InnoEnergy») et la future société de l’information et de la communication («EIT ICT Labs»). Chacun des trois projets va bénéficier d’une subvention de trois millions d’euros(3).

Différentes sortes d'innovation existent. Certaines constituent de véritables « ruptures technologiques », les plus difficiles à mettre en œuvre, d’autres sont plutôt amélioratives ou curatives et elles sont plus à la portée. Plusieurs d’entre elles sont de « fausses innovations » qui cherchent à réagir rapidement à des demandes exprimées dans le but de conserver des marges et des parts de marché ; la publicité contribue à les imposer à la société.

Dans le domaine technologique, l’innovation peut concerner un produit ou un procédé. L’innovation technologique de produit implique la mise au point et la commercialisation d’un produit plus performant que ceux qui existent sur le marché. L’innovation technologique de procédé propose la mise au point et/ou l’adoption de méthodes de production et de distribution nouvelles ou améliorées. L’innovation peut être qualifiée de sociale lorsque la nouvelle approche, la nouvelle pratique ou intervention, ou encore le nouveau produit est mis au point pour améliorer une situation ou solutionner un problème social et ayant trouvé preneur au niveau des institutions ou des organisations(4).

L’innovation devient ainsi le moyen privilégié de changement économique et sociétal.

II- L’Économie du savoir

Dans l’Économie du savoir, il faut s’approprier et commercialiser des savoirs liés aux innovations technologiques. Nous devons y cultiver le savoir, le savoir-faire et le savoir-être. Le savoir revient à définir des pratiques et instaurer des normes. Dans un contexte où les savoirs sont codifiés, il faut un minimum de connaissances scientifiques et techniques pour les apprécier. En outre, des connaissances en management, en gestion de projet, en droit et en communication sont aussi essentielles. Le savoir-faire revient à gérer dans un environnement exigeant alors que le savoir-être revient à concilier plusieurs cultures différentes, par exemple, concilier les cultures universitaire et entrepreneuriale(5).

Quatre caractéristiques principales de la connaissance ont été mises en évidence(6) :
 
1) La connaissance est un bien non-exclusif, c’est-à-dire qu’il est difficile de contrôler sa diffusion de façon privative ;

2) C’est un bien non rival, c’est-à-dire que sa consommation ne la détruit pas, elle est inépuisable ; elle peut aussi bénéficier à plusieurs acteurs ;

3) La connaissance est un bien cumulatif : il s’agit d’un bien de production engendrant d’autres connaissances ;


4) C’est un bien à rendements croissants : en effet, les coûts fixes initiaux sont très importants, alors que les coûts de distribution sont faibles (d’où risque de piratage).

L’économie fondée sur le savoir résulte de la combinaison de deux facteurs(6). Le premier facteur, c’est lorsqu’on observe une croissance du « capital intangible » sur une très longue période. Le capital intangible étant la somme de l’éducation et formation, des dépenses de santé, de mobilité et de sécurité, et des dépenses de R&D, publique et privée. Le deuxième facteur, c’est le développement rapide des technologies d’information et de la communication qui ont cinq effets majeurs, à savoir : la création inédite d’une abondance d’informations, la multiplication d’outils d’aide à la production de savoir, le développement des investissements en matériels et logiciels, favorisant tout un secteur industriel, la création de modifications organisationnelles importantes et le desserrement, et non la suppression, des contraintes spatiales(6).

Dans l’économie de la connaissance, on constate un mouvement territorial qui est la tendance à la polarisation locale de la production des connaissances(7). Cela s’explique par le fait que la production de connaissances est toujours collective et par le renforcement de la polarisation et de la concentration des « pôles d’intelligence », combinant recherche, industrie, universités et qualité d’organisation. Cette dynamique territoriale se manifeste par la formation des « pôles d’intelligence », qui sont des bassins de compétence très concentrés. Les entreprises les plus innovantes se développent sur ces pôles pour favoriser la recherche "d'économie d'agglomération", dans les grandes métropoles(7). En effet, les externalités de connaissance, permises par la concentration des activités expliquent les mécanismes d’agglomération des activités. Cela favorise la concentration de moyens des technologies d’information et de la communication et une forte présence d’industries innovantes. De nombreux exemples illustrent cette polarisation : Xerox PARC à Palo Alto en lien avec Standford, Silicon Valley, Sophia Antipolis, Saclay, MIT Boston(7).

D’un autre côté, l’économie du savoir ouvre d’énormes opportunités de création d’emplois nouveaux qualifiés, directs et indirects. D’où le rôle-clé de l’enseignement et du capital humain qui se trouve déterminant pour la performance d’une économie du savoir. Le lien entre l’enseignement supérieur, l’économie du savoir et les avantages concurrentiels est ainsi bien établi et reconnu.

III- L’intégration de la Tunisie dans la société du savoir

La Tunisie, grâce à une volonté politique forte, a développé depuis deux décennies environ une stratégie de développement qui explique en grande partie les bons résultats socio-économiques. Elle a pris conscience de ses potentialités et de ses atouts. Elle fait preuve d'une détermination inébranlable à remporter le pari du développement et de la modernisation. Tout le pays est en chantier.

Pour préparer son entrée dans la société du savoir, elle a développé des capacités scientifiques, fruit des politiques en ressources humaines mises en œuvre depuis l’indépendance. Ce potentiel scientifique incontesté est devenu un avantage comparatif, à même de permettre d'accélérer le rythme d'instauration de l'économie du savoir et d’accompagner le changement.

On savait qu’il n’existait pas de modèle unique pour l’innovation. La Tunisie a privilégié de développer « la capacité à valoriser l’intelligence existante » et promouvoir celle des générations futures. Elle n’a pas choisi l’investissement dans de grands programmes de recherche, notamment militaire et de les confier aux entreprises comme l’ont fait plusieurs autres pays. Au contraire, l’intervention publique s’y est faite par la mise en place d’un environnement favorable à l’innovation. Les pratiques sont adaptées aux besoins nationaux et à la réalité du pays. La recherche et l’innovation ont été adaptées aux problématiques du pays ; celles qui satisfont le plus immédiatement aux besoins du pays ont été privilégiées. Toutes les régions sont touchées par le changement.

1. Le programme du Président Ben Ali

Le programme du Président Ben Ali « Ensemble, relevons les défis »(1) englobe une vision, des analyses et des approches avant-gardistes, des choix et des orientations qui visent à bâtir une société fondée sur le savoir. Il traite de manière approfondie les questions du développement et de la relation étroite entre l'édification de la société du savoir et la réalisation d'un développement équilibré et durable. Il témoigne de la prise de conscience générale de l'importance que revêt l'édification de la société du savoir, dans la mesure où elle représente une nécessité vitale et une condition nécessaire pour interagir avec les changements de l'époque. Il met l’accent sur les outils à mettre en œuvre pour surmonter les problématiques et les défis qui se posent dans le domaine de l'édification de la société du savoir. Il repose sur la mobilisation optimale des énergies et des potentialités offertes, la coordination et la dynamisation des politiques adoptées en vue de parvenir à atteindre les objectifs escomptés avec la célérité et l'efficacité requises. Il traduit l’ambition du chef de l'Etat à gagner l'enjeu de la consolidation des fondements de la société du savoir par la promotion de la recherche scientifique et de l'innovation technologique, par l'acquisition et la maîtrise des sciences et par le développement et la mise à contribution des technologies.

C’est cette vision globale du développement et de la société du savoir qui caractérise notre pays car « les sociétés du savoir ne doivent pas être façonnées et mues par les forces technologiques mais par des choix de société. La technologie ne permettra pas à elle seule de réduire les fractures de l’information et du savoir »(8).

Dans sa revue électronique, le département d'État américain, dans un texte intitulé « Les racines de l'innovation »(9), explique qu’« une politique gouvernementale efficace peut avoir un effet positif sur la capacité d'innovation des entreprises. Les mesures les plus efficaces sont celles qui font ressortir la qualité de la main-d'œuvre et les avantages de l'innovation et qui valorisent les efforts du gouvernement ».
La mise en œuvre du programme présidentiel durant le prochain quinquennat permettra de créer l’environnement propice à l’innovation et les conditions favorables à la réussite des entreprises innovantes. Elle va soutenir les efforts d'innovation par une politique judicieuse envers les organismes publics et les milieux d'affaires.

Ainsi, le prochain quinquennat va constituer une importante étape pour la concrétisation de l’ouverture totale de l’économie nationale sur les nouvelles technologies et l’investissement dans le savoir, devenus désormais les piliers du progrès et les principaux atouts pour relever les défis qui se posent et améliorer les indicateurs escomptés dans tous les secteurs.

2. L’innovation dans le programme présidentiel

En effet, le programme présidentiel « Ensemble, relevons les défis »(1) a été salué et apprécié par les experts, qui le considèrent comme un «modèle avant-gardiste » et une «vision stratégique» pour l’avenir de la Tunisie. Il esquisse une stratégie en vingt-quatre points visant à améliorer la capacité innovante de la Tunisie, en lui permettant de passer à une société de l’intelligence et du savoir. « Nous nous sommes fixé pour objectif d’améliorer notre compétitivité à travers une politique d’innovation », disait le Président Zine El Abidine Ben Ali dans son programme électoral. L’innovation devient essentielle à la réussite de la Tunisie.
Au cours des cinq prochaines années, le programme de réforme, au cœur duquel figure l’innovation, accorde une plus grande attention à la recherche scientifique appliquée et au développement technologique, axée sur l’industrie. L’innovation fait partie intégrante du programme, à travers certaines actions à mener en priorité : aide financière à l’innovation, amélioration des conditions de marché, promotion de la pénétration du marché et investissement dans le capital humain, accroissement des moyens et de l’efficacité de la recherche publique, développement de la recherche sur projets, cofinancements publics-privés, aide aux projets des jeunes entreprises innovantes, etc.

Les mots innovation, recherche et technologie ont été cités plus d’une centaine de fois dans le programme. Ces citations ont couvert tous les secteurs d’activités et tous les aspects en termes de stratégie, de financements et d’incitations, de structuration, de développement de capacités en ressources humaines et infrastructure, de partenariat, etc. Il s’agit d’un développement global étendu aux secteurs de l’industrie, de la santé, de la jeunesse, de la culture, de l’agriculture, de l’artisanat, de l’énergie, du transport, de la société civile, etc. Faute de pouvoir appréhender l’ensemble du programme, je me limiterai dans cet article aux aspects liés à l’enseignement supérieur et la recherche scientifique auxquels le programme leur a consacré respectivement les points 16 et 17.

Au niveau stratégique, le Président Ben Ali veut que la Tunisie soit « le pays de la créativité et de l’innovation ». Pour cela, il va œuvrer « à renforcer la compétitivité de l’économie nationale, à stimuler davantage l’esprit d’initiative, à encourager l’innovation et la création, et à promouvoir les secteurs et les activités à fort contenu technologique et à haute valeur ajoutée ».

Le Président Ben Ali veut encourager l'innovation, il lui donne la priorité à tous les niveaux et prouve son engagement en l'appuyant sur des mesures concrètes. Les enjeux ne sauraient être plus sérieux : il ne s'agit de rien moins que de la compétitivité de notre économie nationale au niveau mondial, des emplois plus sûrs pour les diplômés du supérieur et l'amélioration du niveau de vie de la population. Pour cela, il s’appuiera sur une stratégie fondée sur « un haut contenu technologique de notre économie et la capacité d’innovation » permettant de « multiplier les opportunités de création, d’innovation et d’emploi ». Cela va se réaliser par « l’instauration du partenariat et de l’interdépendance avec la recherche et l’innovation, en introduisant un changement qualitatif dans le système d’incitations à l’investissement encourageant le recours à la recherche et l’innovation » et par « l’élaboration de stratégies sectorielles complémentaires, intéressant les secteurs prometteurs qui offrent des avantages comparatifs […] en partant de la formation, de l’aménagement d’espaces appropriés ; en passant par la recherche et l’innovation, pour aboutir à l’investissement et la commercialisation ».

« Un programme de mise à niveau globale » s’avérerait nécessaire au profit des « demandeurs d’emploi, l’entreprise et les secteurs économiques » et « les régions et leurs besoins en matière de développement et d’investissement ».

D’un autre côté, « l’intégration de l’ensemble des régions dans le processus de développement et leur élévation au rang de pôles de développement dynamiques constituent un choix constant » dans la politique du Président Ben Ali ; « car il ne peut y avoir de développement durable sans équilibre entre les régions, et il ne peut y avoir de stabilité dans une société où la prospérité touche en permanence certaines régions à l’exclusion des autres ». Cela « permettra à la Tunisie de devenir un espace de développement homogène ».

Pour la recherche scientifique et technologique, une des grandes priorités du programme présidentiel est le développement d’une recherche utile et pertinente. Cette priorité est basée sur le principe selon lequel cette recherche doit contribuer plus étroitement aux visées de l’État.

Le Président Ben Ali compte beaucoup sur ce secteur considéré comme le « pilier de la nouvelle économie » et sur tous ceux qui y interviennent « parmi les chercheurs les plus expérimentés, les encadreurs universitaires, les jeunes chercheurs, ainsi que les chercheurs dans le secteur de production et les structures techniques spécialisées – tant dans les institutions publiques que privées ». La recherche scientifique et le développement des services à haute valeur ajoutée font partie des « domaines qui vont revêtir une grande importance dans le développement des nations et leur progrès ».

L’innovation sera possible en misant sur les réseaux et en intensifiant les partenariats universités-entreprises.

Les ressources humaines qualifiées demeurent au cœur de l'enjeu de l'édification de la société du savoir. D’où l'impératif qu'il y a à les promouvoir, à les préparer au mieux à répondre aux exigences de l'économie nouvelle et des nouveaux métiers et à leur réunir les conditions propices à leur épanouissement. Aussi, l'élément le plus important pour le succès de toute innovation est une main-d'œuvre talentueuse et éduquée. Or, trouver de la main-d’œuvre et des compétences qualifiées constitue un défi permanent pour les entreprises. Pour améliorer les compétences et disposer d’un enseignement supérieur efficace, le programme présidentiel veut :

  • Un enseignement supérieur de qualité selon les normes internationales, avec un effort accru à la formation des formateurs, l’amélioration de leurs conditions de travail, la généralisation de l’évaluation interne et externe des établissements, le partenariat avec l’international et la codiplomation entre les institutions tunisiennes et leurs homologues étrangères
  • Une professionnalisation accrue des formations au niveau des licences appliquées et des mastères professionnels et une meilleure adéquation de l’offre aux besoins de la société, la formation de formateurs spécialisés, l’adoption de la certification, la promotion des études d’ingénieurs.
  • Une plus grande autonomie des universités.
  • L’adoption des technologies de l’information et des communications, les bibliothèques numériques et l’enseignement virtuel et à distance.
  • La mise à niveau de l’enseignement supérieur privé

La prochaine étape, qui constituera une étape avancée dans le processus de réforme du système de l’enseignement supérieur, sera donc placée sous le signe de : « la qualité et la conformité aux normes internationales », avec pour objectif de nous aligner, dans les différents domaines scientifiques et technologiques, sur les systèmes universitaires avancés les plus importants.

IV- Nous sommes en 2014

Comme pour les programmes précédents, le Président Ben Ali assure un suivi méticuleux de la réalisation de son nouveau programme « Ensemble, relevons les défis »(1). Observons le scénario suivant.

En 2014, nous sommes dans la société du savoir. L’économie y est fondée sur la connaissance. Plusieurs entreprises ont développé la recherche et l’innovation ainsi que la logistique à côté des fonctions habituelles mais toujours essentielles de la production et de la vente. Une véritable stratégie de partenariat entre industrie, recherche et entreprises a été mise en œuvre.

En cinq ans, la Tunisie s’est constituée des atouts importants : une forte concentration de connaissance et de capital humain, une infrastructure TIC de haut niveau, des entreprises offrant des services avancés aux porteurs de projets, des institutions financières modernes et réactives, etc.
Les entreprises trouvent ainsi un environnement pour mettre au point et tester leurs innovations.

La Tunisie est particulièrement bien notée dans la plupart des classements internationaux visant à comparer la compétitivité, la gouvernance ou la capacité d’innovation. De plus, l’effort d’innovation a diffusé au sein du tissu industriel, ce qui permet aux secteurs traditionnels de diversifier leur production vers des produits nouveaux ou plus sophistiqués. L’ensemble du tissu industriel se révèle innovant.


Les services à haute intensité en savoir (poste et télécommunications, finances et assurances, distribution, services aux entreprises, etc.) sont bien représentés. Il s’agit d’un gisement important d’activités, ces services pouvant profiter d’un haut niveau de qualification de la main d’œuvre et d’une proximité avec les industries productrices de TIC. Ces services à haute intensité en savoir favorisent la diffusion, au sein des autres services, des innovations technologiques produites dans l’industrie.
De plus, les marchés publics ont été reconfigurés pour encourager l’innovation.

Cette transformation rapide s’est principalement appuyée sur des investissements dans la recherche et l’innovation, sur l’explosion du secteur des TIC et sur des gains de productivité significatifs.
La productivité du travail a progressé. Les gains de productivité enregistrés dans les secteurs sont la plupart du temps reliés à une diffusion des savoir-faire technologiques. La forte progression de la productivité a été le principal moteur de la croissance entre 2009 et 2014.

Le soutien visible, actif et public de l’Etat, sous forme de financement de la recherche-développement, de changement de la politique, etc., a fait passer dans la société le message que l'innovation est importante, qu’elle est une cause commune pour le plus grand bien de tous. Du coup, le pays attire de plus en plus d'innovateurs et donc produit plus d'innovations. Plusieurs chercheurs se sont transformés en entrepreneurs.

Grâce à tous ces efforts et au développement du secteur privé, celui-ci a développé ses propres outils et lui arrive maintenant à demander aux universités d’entreprendre une recherche. De nombreuses universités ont renforcé les liens avec le secteur de l’industrie et de la production en vue d’améliorer la pertinence et l’applicabilité de leurs recherches, de faciliter le transfert technologique et de contribuer au système national d’innovation. De tels liens ont permis de générer des revenus pour les universités.


Bref, nous disposons aujourd’hui d’un système de recherche structuré autour des priorités nationales et d’un environnement qui correspond aux attentes à la fois des entreprises et des chercheurs.

IV.1. Financements et diverses incitations

C’était principalement en matière de dépenses en recherche-développement dans les entreprises que la Tunisie était mal positionnée en 2009, avec un niveau très inférieur à ce que l’on peut observer dans les pays de l’OCDE. En 2009, le pays consacrait 1,25% du PIB à la recherche, le secteur public constituait l’essentiel de l’effort. Les dépenses de recherche ont fortement progressé entre 2009 et 2014 pour atteindre 1,5% du PIB, principalement grâce aux dépenses réalisées par le secteur privé. Certes, c’est encore loin des 80% de la Corée ou même des 60% de la France.

Environ 1/3 des crédits de la recherche scientifique sont alloués aux domaines de l’innovation et du développement technologique. Environ 0,5% du chiffre d’affaires des opérateurs des communications et des entreprises travaillant dans le secteur sont réservés à la recherche et l’innovation, contre 0,15% en 2009. Les entreprises nationales ont pu consacrer 1% de leur chiffre d’affaires au financement de la recherche et développement.

Pendant ce dernier quinquennat, cet effort de recherche des entreprises s’illustre également par la part des chercheurs en entreprises. A côté d’une recherche publique bien structurée et enracinée, le nombre de chercheurs dans les entreprises ne cesse d’augmenter grâce aux nouvelles dispositions qui les encourage à aller vers les entreprises et aux contrats de jeunes chercheurs. Là aussi, on est encore loin des 80% des chercheurs qui sont dans les entreprises américaines ou même des 50% de la France.

Néanmoins, cela a permis de combler le déficit de recherche-développement dans les entreprises. Certaines petites et moyennes entreprises ont pu grandir grâce à la mise sur le marché de nouveaux produits ou services. D’autres ont pu trouver leur place dans les pôles de compétitivité.
C’est ainsi que notre potentiel de recherche s’exprime maintenant dans la croissance et la dynamique des entreprises. Bien sûr, les mesures prises demanderont du temps pour se répercuter sur la croissance.

Un changement qualitatif dans le système d’incitations à l’investissement encourageant le recours à la recherche et l’innovation a permis d’instaurer le « partenariat et l’interdépendance avec la recherche et l’innovation ». Cela a notamment permis d’aider les entreprises à réaliser des projets d’innovation et de création dans le cadre du programme de mise à niveau industrielle.

Une agence nationale pour la promotion des investissements dans l’économie numérique est en train de soutenir les pôles technologiques, d’encadrer les promoteurs et de développer les activités numériques du réseau des centres de télétravail.

Cette approche et le respect des standards internationaux en matière d’environnement ont permis de faire de la Tunisie une plateforme scientifique et technologique, dans son environnement, de même qu'une destination industrielle et technologique privilégiée qui polarise les investissements dans les secteurs promoteurs et dans les activités innovantes à haute valeur ajoutée technologique et à contenu cognitif élevé.

IV.2. De la connaissance à l’innovation

Pour tirer partie de cet avantage, une vraie politique de valorisation des résultats de la recherche et surtout de commercialisation de ces résultats a été mise en place. Pour cela, il a été établi un partenariat efficient et durable entre les structures de recherche, les écoles d’ingénieurs, les centres techniques et les entreprises économiques. Aussi, une véritable « industrie » de la valorisation de la recherche est amorcée et commence à se développer. Des entreprises privées de services ont ainsi pour objet de commercialiser les savoirs existants dans le monde de la recherche pour répondre aux besoins des entreprises.

Des projets issus des recherches technologiques et de développement sont mis en œuvre en coordination avec l’Agence nationale de promotion de la recherche scientifique et de l’innovation.

Il est clair que les réformes menées dans le domaine de la recherche ont permis d’assurer une meilleure adéquation entre recherche et besoins des entreprises.
Les structures nationales de recherche constituées de centres de recherche, de laboratoires et d’unités de recherche bénéficient de « main d’œuvre » qualifiées pour réaliser leurs projets de recherche. Les incubateurs disposent aussi de ressources humaines qui aident les jeunes promoteurs et initiateurs de projets innovants. Le domaine couvert par le « contrat de l’étudiant chercheur » a été élargi et généralisé pour eux. C’est un apport précieux aux jeunes entreprises dans leurs activités d’innovation au sein des incubateurs.

Nous disposons aussi de chercheurs de haut niveau, surtout dans les spécialités en relation avec les priorités du développement de notre pays. Grâce à des mécanismes d’incitation, des compétences tunisiennes résidantes à l’étranger sont en train de contribuer à cet effort d’innovation. Nous avons su les mobiliser. Leur pays d’origine leur devient attractif. On découvre ainsi qu'il y a d'autres façons de profiter de nos compétences résidantes à l’étranger au-delà de leur simple retour.

Des bureaux de transfert technologique (BTT) sont créés au sein des universités, à l’instar des Offices of Technology Transfer (OTT) américains, des Bureaux de Liaison Entreprises-Universités (BLEU) canadiens, des LIaisons Entreprises Universités (LIEU) belges, des Association for University Research and Industry Link (AURIL) britanniques, des Oficiana de Transferencia de Resuldados de la Investigation (OTRI) espagnols, etc. Ils assurent l’interface universités-entreprises. Ils sont en train de contribuer à structurer la fonction transfert de technologie des universités, jusque-là inexistante ou confiée à de multiples unités administratives. Ils disposent de personnel de valorisation hautement qualifié doté d’une solide formation scientifique du niveau du mastère ou doctorat à laquelle s’ajoute une formation en affaires, en marketing ou en droit. Ils sont spécialisés dans les secteurs phares de l’université. Ils œuvrent ainsi « à structurer la recherche partenariale (mailler les partenaires des différents secteurs et formaliser la collaboration), gérer la recherche contractuelle (négocier les conditions (coûts, livrables) et rédiger les ententes contractuelles), identifier les innovations (gérer la propriété intellectuelle (brevets, droits d’auteurs, marques de commerce…)), commercialiser les innovations (rechercher du capital de risque, accorder des licences, créer des entreprises essaimantes) »(10).

De nombreuses structures ont vu le jour. En effet, « trois pôles régionaux de recherche scientifique et d’innovation technologique » sont créés « répartis entre le Nord, le Centre et le Sud ; fondés sur la mise en réseau des universités et des centres de recherche, afin de renforcer la synergie entre l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, d’une part ; et faciliter le positionnement de nos universités dans les classements internationaux, d’autre part ». Des « bassins technologiques » sont mis en place comme «  le prolongement des technopoles existantes et couvrent 1000 hectares, en vue d’attirer les investissements dans les activités à forte valeur technologique dans les domaines de l’agriculture, de l’agroalimentaire, des biotechnologies, des technologies de l’information et de la communication, de l’électronique, des composants aéronautiques, du textile et de l’habillement, de l’environnement et de la santé ; en veillant à renforcer la synergie entre les universités, les centres de recherche et les unités de production ». Chaque gouvernorat s’est doté d’un pôle de développement ou d’un centre technologique et industriel. Des réseaux de complexes industriels, technologiques et de services sont instaurés dans les différentes régions.

Ces pôles régionaux de recherche scientifique et d’innovation technologique, ces bassins technologiques, ces pôles de développement ou centres technologiques et industriels et ces réseaux ont permis de concentrer, de mobiliser ou de rassembler dans une même aire géographique en réseaux, une masse critique d’entreprises novatrices, des centres de recherche publics et privés, de fournisseurs et d’investisseurs en capital de risque et des organismes de formation, autour de projets communs à fort contenu en valeur ajoutée et innovation. Ce développement par grappes ou clusters est en train de stimuler sensiblement l'économie nationale ; les clusters étant un moteur de la mise en connexion. Ils permettent d’éviter les problèmes dus aux fragmentations sur des bases nationales et d’éviter que chacun fasse la même chose.

Ces pôles ont aussi eu comme avantage de lier innovation et territoire, de créer une dynamique et de favoriser des contacts entre les acteurs qui s’ignoraient. C’est le catalyseur du progrès technologique et de la croissance économique.

Les facteurs-clés de succès de ces structures sont : une stratégie commune de développement, des partenariats forts entre acteurs, une concentration sur des technologies à haut potentiel de marché et une visibilité internationale.
Les centres de recherche ont instauré « un système de management de la qualité conforme aux standards internationaux ».

Le fonctionnement en réseaux est érigé en mode opératoire puisque « des réseaux sectoriels d’innovation » sont maintenant établis, « constitués d’entreprises économiques et d’institutions de recherche et d’enseignement supérieur, ainsi que de structures d’appui et de soutien dans nombre de spécialités à caractère stratégique, telles que l’énergie, l’eau, la biotechnologie, les industries alimentaires, l’électronique, les technologies de communication, etc.

 Ils sont la fondation de coopération scientifique pour conduire un projet d’excellence scientifique dans un ou plusieurs établissements de recherche, publics ou privés, tunisiens ou internationaux ».

L’adhésion de la Tunisie à des réseaux locaux et internationaux de recherche scientifique et d’innovation technologique est renforcée.

Un autre réseau, dense, de pépinières d’entreprises s’est développé autour des établissements d’enseignement supérieur et plus particulièrement proche des écoles d’ingénieurs, des instituts supérieurs d’études technologiques (ISET) et des pôles régionaux de développement. Ces pépinières développent des relations de partenariat avec les centres de recherche, et les fonds et sociétés d’investissement, dans le but de valoriser les brevets tunisiens et les brevets acquis de l’étranger.
Les universités ont de leur côté développé des capacités à fabriquer des startups.
On assiste de la sorte à la naissance d’une économie en réseau avec une bonne collaboration entre les centres de recherche, les universités et les entreprises.

IV.3. Renforcer les compétences

a-Qualité et normes internationales

Le système d’enseignement supérieur s’est hissé au niveau des normes internationales surtout en améliorant la qualité et l’employabilité. Le «Système LMD» a été parachevé depuis deux ans par la mise en place du cycle de doctorat. La part de codiplomation entre les institutions tunisiennes et leurs homologues dans les pays avancés a augmenté de manière significative. Cela est visible à travers le nombre de conventions de cotutelle de thèse conclues et la coopération dans le cadre des mastères de recherche, en vue de s’adapter aux progrès technologique et scientifique. Plusieurs recherches et études sont aujourd’hui rédigées en langue anglaise grâce à la prise en charge par l’Etat du coût de la mise à niveau linguistique des chercheurs, conformément aux standards internationaux. L’évaluation interne et externe des institutions d’enseignement supérieur a été généralisée. Cela a permis d’améliorer le classement des institutions tunisiennes au plan international et a fait émerger quelques pôles d’excellence au niveau national. Leurs travaux, leurs recherches et leurs publications scientifiques sont maintenant largement diffusés.

L’instance nationale d’évaluation, d’assurance qualité et d’accréditation a été créée avant les délais fixés par la loi du 25 février 2008. Organisme autonome, elle joue un rôle de soutien de premier plan à l’amélioration de l’enseignement supérieur.
Grâce à un effort accru à la formation des enseignants et formateurs dans les différents cycles de l’enseignement universitaire, le système national d’enseignement supérieur dispose aujourd’hui d’un bon taux d’encadrement compatible à une formation de qualité. Les conditions de travail de l’enseignant universitaire et du chercheur sont améliorées ; ils disposent d’espaces de travail adéquats ; ils accèdent à Internet avec une capacité de connexion à haut débit ; ils participent activement et en grand nombre aux congrès scientifiques et ils publient leurs recherches de manière fréquente dans les revues internationales indexées.
L’enseignement supérieur privé développe un enseignement de qualité grâce à sa mise à niveau aux plans humain, matériel et technologique et à son intégration dans le système de qualité.

b-Professionnalisation

Investir dans la professionnalisation de l’enseignement supérieur augmente l’intelligence et le savoir-faire de notre population active ; ce qui de nos jours représente un avantage compétitif très important. Ce type d’enseignement répond au besoin du marché du travail.

La professionnalisation favorise des formations universitaires intégrant l’acquisition des connaissances appuyées sur la recherche, des compétences, des savoir-faire et du savoir-être, dans un processus global de formation assuré et contrôlé par des universitaires en partenariat avec des professionnels et en consultation avec les milieux professionnels. La dimension pratique de la formation a été renforcée en partenariat avec le secteur de production grâce notamment aux stages et à la formation par alternance apportée par la loi du 29 avril 2009 et la coopération consolidée de nos écoles d’ingénieurs avec leurs homologues les plus performantes à l’étranger. L’insertion professionnelle des diplômés est bonne. Les programmes étant alignés sur les besoins et les normes du marché de l'emploi, ils acquièrent des compétences reconnues par les employeurs et ceux-ci peuvent trouver des travailleurs qualifiés. Tout le monde en profite.

Aujourd’hui, les 2/3 des étudiants sont orientés vers les licences appliquées. Celles qui sont co-construites en partenariat entre universitaires et professionnels, leur nombre a doublé en cinq ans. Les études en mastère professionnel sont élargies, diversifiées et mises en œuvre en partenariat avec l’environnement économique. Les contenus de formation sont adoptés répondant aux besoins du marché de l’emploi et aux normes de qualité, dans les différents diplômes à caractère pratique et professionnel. Une nouvelle génération de formateurs spécialisés, dans les nouvelles licences appliquées a été créée.

En terme quantitatif, la Tunisie peut s’enorgueillir d’un taux de 18 pour mille de diplômés dans les disciplines scientifiques et d’ingéniorat, pour la tranche d’âge 20 - 29 ans. Ce taux était inférieur à 13 pour mille en 2008. Le nombre d’ingénieurs, diplômés de l’enseignement supérieur, se rapproche des 9000 prévus pour l’année universitaire 2014 – 2015. Ce nombre est rendu possible grâce aux écoles d’ingénieurs nouvellement créées pendant les cinq dernières années.

En vue de faciliter l’insertion professionnelle des diplômés, la certification est adoptée dans la plupart des diplômes à caractère technologique et dans les langues. 50% des ingénieurs diplômés sont aujourd’hui titulaires de la certification. L’accroissement du nombre d’ingénieurs certifiés est une reconnaissance de valeur pour notre pays.

c-Autonomie des universités

La modernisation des universités tunisiennes s’est effectuée en assurant leur autonomie et leur responsabilité effective, en les incitant aux partenariats structurés avec les entreprises, en fournissant les savoir-faire et compétences dont a besoin le marché du travail (employabilité, culture entrepreneuriale, formation tout au long de la vie), en finançant plus efficacement l’enseignement et la recherche. Leur autonomie a été renforcée, en vue de leur conférer davantage d’efficacité et de souplesse au niveau de la direction et de la gestion, en les incitant à une plus grande ouverture sur leur environnement et à développer le partenariat avec les universités étrangères.

Les universités ont accompli des pas importants vers leur autonomie. Elles sont désormais responsables devant les autorités publiques de leur gestion des fonds publics, des grandes orientations de leur développement et des résultats atteints. Les fonds publics qui leur sont attribués sont conditionnels à la performance et à l’atteinte des résultats.

Les universités ont notamment amélioré leur gouvernance après l’évaluation de la première génération des contrats-programmes et le démarrage du second, gagné en autonomie et développé des liens avec les entreprises. Elles ont gagné en visibilité et en compétitivité. Ces contrats-programmes amorcés en 2009, rentrent dans leur deuxième phase. Ils reflètent leur vision de l'avenir. Ils renforcent leur autonomie pour chercher les moyens de faire plus et mieux. Ils témoignent de leur attachement à l’amélioration de la qualité et à la croissance.

Grâce aux relations que le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche a pu établir avec le monde socio-économique, les régions intérieures sont devenues plus attractives et plus compétitives. L’Université a été au cœur de cette dynamique, au titre de ses laboratoires, ses formations, ses enseignants-chercheurs, ses étudiants…

d-Technologies de l’information et des communications (TIC)

Les nouvelles technologies de la communication ont aidé à instaurer un enseignement virtuel parallèle, pour l’ensemble des filières de formation et à tous les niveaux universitaires. 30% de l’ensemble des unités d’enseignement au niveau des licences sont assurées aujourd’hui à distance.

Les bibliothèques universitaires s’adaptent aussi à la révolution numérique pour ne pas se marginaliser dans la nouvelle économie de la connaissance. Elles constituent des réservoirs de savoirs et d’informations accumulés au fil du temps. Certaines d’entre elles, les plus grandes et les performantes, deviennent de véritables « learning center », donc jouant un rôle « pédagogique » bien plus important que par le passé. Un grand effort et des résultats tangibles sont enregistrés dans la numérisation intégrale des bibliothèques universitaires. Cet effort se poursuivra pendant le prochain quinquennat.

Conclusion

Le programme présidentiel offre à la Tunisie la possibilité de passer à une autre étape car il n’y a pas d’autres alternatives pour sortir de la situation actuelle de pays en développement. Elle doit développer ses propres produits avec une grande valeur ajoutée pour pouvoir rester compétitive. Il s’agit de créer de la valeur économique dans un environnement concurrentiel, grâce à des avantages compétitifs : qualité des produits, réseau de distribution, technologie, etc.
Cette possibilité passe par la combinaison des actions qui favorisent le développement de la société du savoir : l’investissement massif en formation et en recherche scientifique et technologique, le développement des technologies de l’information et des communications et des systèmes d’information, la croissance et le partage des innovations.

Cette combinaison dépend néanmoins de l’importance des connaissances réunies des projets et savoir partagés, et surtout de la qualité organisationnelle de l’ensemble. Elle nécessite aussi le développement de la capacité d’innovation et de créativité à tous les niveaux de la production et notamment aux niveaux intermédiaires.

L’innovation a besoin de rapidité. Elle nécessite un déploiement rapide et coordonné. Nos structures et nos institutions ne doivent pas réagir trop lentement et de façon fragmentée. Elle demande du temps et exige une planification rigoureuse. On doit parfois attendre plusieurs années avant qu'un investissement dans l'innovation devienne rentable. Ne l’oublions pas !
En 2014, la réalisation du programme présidentiel « Ensemble, relevons les défis »(1) sera sans aucun doute à la hauteur des attentes.

Références
(1) Le programme électoral (2009-2014) du Président Zine El Abidine Ben Ali. « Ensemble relevons les défis ».

(2) Magazine en ligne Entreprises & Industries (2009). De la connaissance à l’innovation. CE, 16.12.09

(3) Techno-sciences.net (2009). EIT: les premières communautés de la connaissance et de l'innovation, 18.12.09

(4) Ministère de la Recherche, de la Science et de la Technologie du Québec (2001). Politique québécoise de la science et de l’innovation. Savoir changer le monde. Québec : MRST, 169 p.

(5) Clark B. (1998). Creating Entrepreneurial Universities. Pergamon, 180p.

(6) Foray D. (2003). L’économie de la connaissance, La Découverte, collection Repères.

(7) Musso P. (2005). Relations entre l’économie de la connaissance et les territoires. http://www.datar.gouv.fr/IMG/File/PMussointervention.pdf

(8) Khan A. (2009). La technologie ne suffit pas à réduire les fractures du savoir.

(9) (9) http://www.america.gov/fr/

(10) Bernatchez J., et Trottier C. (2005). Les Bureaux de liaison entreprises-universités (BLEUs) des universités québécoises : évolution et état des lieux. Présentation à la Journée d’études du RESUP – Sciences Po, Paris, 9 juin 2005 .

 

 

 

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